De par sa détermination à dénoncer l’immobilisme en matière de défense du climat, une petite Suédoise à tresses, a récemment été élevée au rang d’icône par des lanceurs d’alerte en écologie.

Sans concession, elle interpelle les adultes depuis de longs mois. Ses contempteurs nous disent que le climat est une affaire trop sérieuse pour prendre des leçons d’une jeune fille de seize ans. Ils sont très agacés mais c’est leur faute !

À force d’entendre : « nos enfants nous accuseront », l’un d’entre eux (l’une en l’occurence) a pris cela au pied de la lettre et s’est levé pour dénoncer l’incurie des adultes. D’autres « enfants » soucieux de l’avenir, ont décidé de lui emboîter le pas. 

Généralement critiqués par les vieux débris qui ont oublié leur propre jeunesse à la fois fougueuse et glandeuse, ces « enfants » sont souvent accusés de superficialité. Là, ils démontrent qu’ils s’intéressent à autre chose qu’aux jeux vidéos et à leur téléphone portable. On devrait applaudir. Au contraire, cela énerve encore plus…  On n’hésite pas à parler d’irrespect envers les adultes, on fait mine de s’inquiéter pour leurs études à cause de leur grève de l’école le vendredi. Tout en fustigeant le catéchisme sur le climat qu’ils y apprennent, on aimerait les renvoyer en classe, une garderie bien pratique. Bref, l’on ne sait pas comment faire pour ne plus les avoir dans les pattes. 

                              Les négationnistes du climat

Comme par hasard, les adultes mécontents sont ceux qui à cette occasion, en profitent pour réaffirmer un déni rococo. Ils refusent de reconnaître l’influence des activités humaines sur la planète. À les écouter, on peut les partager en deux catégories. 

Dans la première, l’on trouve le think think habituel de l’ultra-libéralisme et tous les satellites créés par les industriels. Le lobbying est vital pour le business. À défaut de faits prouvant leur « opinion », ils ont pris l’habitude d’altérer la réalité en inventant une « vérité alternative ». Un phénomène qui ne démarre pas avec le climato-scepticisme d’Exxon Mobil ! Que ce soit pour le climat, le tabac, l’amiante, les perturbateurs endocriniens et autres encore, c’est la même fabrique du doute avec des personnages en quête de notoriété ou simplement veules. Des plus ou moins discrets qui travaillent à protéger des intérêts privés. On a tant laissé faire qu’ils se confondent de plus en plus souvent avec l’intérêt public. 

Pour en savoir plus sur la pseudo-science, ses filiales, ses revues, ses instituts et la galaxie des groupes paravents de l’industrie, il faut lire « Lobbytomie », l’excellent livre de Stéphane Horel. 

Concernant précisément la science climatique ignorée, relativisée, mise en doute, c’est par ici : « L’avenir du climat : enquête sur les climato-sceptiques » de Stéphane Foucart. 

Ces deux ouvrages valent leur pesant de cacahuètes. 

Dans la deuxième catégorie des mécontents, on retrouve les victimes de cette entreprise de désinformation : nous tous ! Confondant météorologie et climatologie, on ricane les jours de froid, on s’inquiète les jours de forte chaleur. On croit tout savoir en regardant par la fenêtre. Qu’un typhon de trop ravage une côte à l’autre bout de la terre, ne nous perturbe pas. La forêt peut bien brûler sans discontinuer en Sibérie, aux Canaries ou en Amazonie, on compatit mais l’on se sent impuissant. Tant que le climatiseur marche et que le frigo est rempli de crème glacée, on devrait s’en sortir, non ? On oscille entre prise de conscience et je m’en foutisme. 

En plus, on nous envoie des messages sacrément contradictoires. Des politiques et des peoples nous assènent que la situation est grave et qu’il faut s’habituer à changer de vie en mettant au clou, notre vieille Twingo par exemple. Un contrôle technique devenu absurde, plus de gare en campagne, pas de bus ! Cela veut dire : se taper trente bornes en trottinette électrique pour aller travailler lorsqu’on a la malchance de ne pas vivre à paris. Si on peut se payer un plein et une voiture neuve (c’est bon pour le business .. euh pardon pour le climat), c’est joker ! Il suffit de s’endetter pour obtenir son droit à polluer. Dans le cas contraire, reste la trottinette parce que c’est pas demain la veille qu’on va réorganiser les infrastructures pour les abrutis en jaune de la périphérie. 

– C’est la vie, mon brave, il faut faire des sacrifices ! -Quel sacrifice pour vous qui prenez l’avion ou le taxi comme moi, ma Twingo ?  -Nous, on ne peut pas faire autrement, c’est pour le  boulot ! -Ah bon, moi je vais chercher des fraises ?

Chacun sa part mais certains ont des dérogations afin de ne rien changer à leur mode de vie… La rancoeur s’installe. 

Si d’aventure, un « spécialiste » passe dans le coin (rue internet) pour dire que votre bagnole ou les pets de vache… tout ça, c’est du flan et n’a pas d’influence sur le réchauffement climatique, on a bien envie d’y croire…. D’autant qu’on sait au fond de nous que les décideurs n’en ont strictement rien à battre du réchauffement. Le capitalisme vert reste du capitalisme. Une taxe carbone dont seulement 20 % tombe dans l’escarcelle du ministère de la transition écologique, cela fait désordre. Difficile de la justifier auprès d’une population n’ayant pas la possibilité de se passer d’une auto ou qui n’a pas eu le temps d’apprendre. Surtout quand par ailleurs, tout est fait pour la rendre indispensable.

Dans ces conditions, on espère secrètement que les climato-sceptiques ont raison !Alerte rouge ! C’est votre striatum qui vous pousse du côté obscur de la Force. 

Il faut lire « Le bug humain – Pourquoi notre cerveau nous pousse à détruire la planète et comment l’en empêcher ». L’auteur Sébastien Bolher s’attache à expliquer pourquoi nos cerveaux sont faits pour donner la priorité au présent sur l’avenir. La faute au striatum. Heureusement le cortex frontal vient à la rescousse pour nous en délivrer.

Il est crucial de s’informer : la curiosité et l’esprit critique ne sont pas des défauts. Malheureusement, l’impartialité manque le plus souvent. C’est d’autant plus facile que la visibilité des négateurs du climat semble plus importante que celle du changement climatique. Et quand 80 % des publications climato-sceptiques se réfèrent à une seule source, de surcroît bidon, il y a quelques soucis à se faire sur la circulation du Savoir.

https://www.liberation.fr/planete/2019/08/14/les-climatosceptiques-plus-presents-dans-les-medias-que-les-scientifiques_1745303

http://www.slate.fr/story/154751/blogs-climato-sceptiques-seule-meme-personne                                   

Les climato-sceptiques à l’assaut de Greta Thunberg 

Brillante et lucide sur un sujet qu’elle connaît par coeur, la jeune Greta Thunberg n’est pas gênée elle, par son striatum. Alors que beaucoup d’adultes considèrent la cause pratiquement perdue, elle a décidé de secouer le cocotier du réchauffement climatique. Et quand une personne Asperger s’investit dans un projet, inutile de dire que cela déménage car il n’y a plus que ça qui compte !

Obligé de se mettre au boulot pour contrecarrer sa popularité, le lobby du climato-scepticisme n’a pas jugé utile de se couvrir de ridicule en ressortant le dernier PowerPoint miraculeux démontrant que

Une tactique inadéquate lorsque c’est seulement un enfant qui évoque la détresse de sa génération face au réchauffement climatique en cours. 

Alors, au prétexte de l’autisme de la jeune fille, iI a préféré la jouer à l’ancienne en affirmant qu’elle est  « dérangée » (sic). Comme au bon vieux temps de l’Union soviétique où ceux qui ne plaisaient pas étaient forcément « dérangés » eux aussi. Greta Thunberg n’est pas Forrest Gump ou Ray Man mais quand on sait organiser un Climategate avec un échange de  mails soigneusement trafiqués, on n’est pas à une ignominie près. Cette bouse sur l’état mental de la jeune fille, a été le déclencheur de la curée. C’était le but. Les adultes sont de grands enfants cruels. Il fallait bien que l’un démarre pour que les autres s’autorisent à balancer leurs propres munitions. Ces idiots utiles, pas toujours rémunérés par les pollueurs, ont malheureusement un striatum qui les titille un peu trop. Leurs clameurs se sont jointes aux imprécations des professionnels du climats-scepticisme. Une opération réussie !

Ah bon vraiment ? On a envie de leur dire : « franchement, vous n’avez pas été à la hauteur sur ce coup là ! ». Les parents d’enfant autiste apprécient à leur juste valeur l’ignorance crasse de la meute qui s’est abattue sur la jeune Greta Thunberg à cause de son engagement pour le climat.

Cela amène parfois à des quiproquo ahurissants ! 

Pour exemple, un journaliste dont il faut taire le nom par charité, croit avoir trouvé la preuve d’une entreprise de manipulation quand lors de son interview de Greta Thunberg, celle-ci a enlevé son bonnet et qu’un adulte a rappliqué immédiatement pour la soustraire à ses questions. Ce nouveau Clouseau n’en déduit pas que c’était pour la protéger. Non, non ! Ce code du bonnet signe la forfaiture. Elle n’est qu’un pantin ! Il y a un complot là-dessous. Son papier a été relayé partout. Si à l’encontre de toutes les règles de bienséance, elle avait gueulé telle une autiste marseillaise : « hé j’en peux plus de répondre à ce connard, venez m’en débarrasser ». Il se serait écrié :  » Alléluia, j’ai trouvé une Depardieu femelle au pays d’Ikea ! ». Il n’y aurait vu que du feu.

L’intelligence ne préserve pas de la stupidité. Même, Michel Onfray, un des esprits les plus efficients qu’il nous est donné (d’abord passer le cirage avant de frotter) à lire ou entendre en France, n’a pu résister. Il a fallu qu’il dégaine plus vite que son ombre et participe au massacre en mitraillant à tout va. Et encore ! C’est celui qui a tiré le plus proprement si on le compare à quelques sagouins dont on ne fera pas la publicité ici, c’est dire l’intensité de l’attaque dans ce western spaghetti. 

Il a donc gagné un bon pour la critique suivante  de Télécogiter.

 

Michel Onfray et Greta Thunberg

Dans la saison 2  de la série « J’ai tué Cassandre », il est l’acteur principal du feuilleton de juillet. Voici le mémo de sa flamboyante prestation : d’un côté, il prend acte de l’autisme de Greta Thunberg, de l’autre, il s’en sert pour la dénigrer à bon compte en la comparant à un cyborg (sic) ou Buster Keaton (resic) mais tout en laissant  l’information de côté (re-resic).

Les moins tortueux rappelleront quelques évidences..

Un chat est un chat ! Si l’on souhaite digresser à loisir sur les faits et gestes de ce chat, il ne faut jamais oublier qu’il est… un chat ! Roulements de tambour, le philosophe croit dénoncer quelque chose de pourri dans le vilain monde qui vient, il ne fait que décrire un enfant Asperger ! Les familles rient jaune.

À une époque où les effets de manche sont de plus en plus mal compris, on objectera qu’il ne faut pas tout prendre au premier degré et que Michel Onfray n’a fait que dérouler quelques métaphores percutantes par rapport à un certain état de sidération. Plus simplement, on dira que c’est la petite Suédoise qui a tout pris sur la tronche, un jour de mauvaise humeur. 

Quand même, c’est  bien dommage car c’était tirer sur une ambulance… Avec l’autisme dont il ne faut pas parler mais qui permet tous les fantasmes, la voie était royale pour des digressions foireuses sur l’état du monde.

Mazette ! Cette phrase terrible : « Cette jeune fille qui arbore un visage de cyborg qui ignore l’émotion – ni sourire ni rire, ni étonnement ni stupéfaction, ni peine ni joie », résonne fort dans la grotte des normaux pensants. En effet, ceux-là s’imaginent qu’éprouver des émotions, c’est obligatoirement les faire partager par des mimiques universelles chez les grands singes humains. 

On n’est pas dans le célèbre film de « l’Exorciste », Michel Onfray a choisi un thème cher à la science-fiction qui colle mieux à son sujet. Sans que ce soit le but (faut l’espérer), il tombe pourtant dans la vieille technique éprouvée de déshumanisation de l’adversaire. La jeune fille représente à ses yeux : « l’avènement du post humain« ,  « ce cyborg du troisième millénaire » serait hélas « ce vers quoi l’Homme va ». On en frissonne de peur !

Greta Thunberg : Incompréhension chez les neurotypiques !

La réalité est plus prosaïque. On ne sait pas où l’on va mais la neurodiversité existe depuis la nuit des temps. Parfois, elle se traduit par un handicap terrible et c’est le drame, parfois elle est un atout évident là où l’on ne s’y attend pas comme par exemple lorsqu’il y a des troubles d’apprentissages invalidants. De la « simple » dyslexie à ce que l’on appelle familièrement Asperger ou plus rarement encore SDNV, sans oublier les 10 % de gauchers qui persistent à naître dans le seul but d’emmerder les droitiers au tennis, c’est rassurant de savoir que le cerveau humain puisse emprunter des chemins de traverse et se soustraire avec plus ou moins de bonheur au formatage général. N’en déplaise aux neurotypiques, à l’époque des mammouths, les individus situés le long du spectre de l’autisme étaient déjà là. Quand ils survivaient, ils laissaient eux aussi une empreinte de main sur la paroi de la grotte Chauvet. Aujourd’hui, ils sont acteurs, balayeurs, chercheurs, magasiniers, informaticiens ou… sans emploi comme beaucoup de normaux-pensants. Ceux qui s’en sortent le mieux en apprenant à cacher leur différence (pas toujours évidente) ou en développant par chance, un certain potentiel, ne préfigurent donc en rien le troisième millénaire, ils ne sont pas un avatar du transhumanisme. Ils ne sont pas plus l’avant-garde d’une autre espèce à la Monsieur Spock. 

Certes, à l’inverse de tout bon commercial cherchant à vous fourguer une encyclopédie en trente volumes, quelques uns ne vous souriront peut être jamais spontanément. De même, à l’annonce d’une bonne nouvelle, ils ne sauteront pas de joie en battant des mains comme des ravis de la crèche. Pire, ils ne sursauteront pas à l’avertissement d’un danger. Dépourvus de ces dons précieux notamment l’hypocrisie, ils se sont développés différemment, ils interagissent différemment mais sans manquer de sentiments et de sincérité pour autant. Silencieux ou trop bavards : la vie en société est un effort plus ou moins exténuant de toute façon.

On conviendra qu’une personne de type Asperger – un terme obsolète – est douée sur certains points et peu l’aise sur d’autres tels les codes sociaux ou les mondanités. Cela va de la simple maladresse à un retrait total selon les individus. Alors, que Greta Thunberg ne reçoive pas le premier prix de la communication sur le changement climatique, n’a rien de surprenant. Elle n’est pas d’un naturel à lancer des confettis ou à s’asseoir sur un coussin péteur lorsqu’elle s’adresse  à un parterre de députés. En plus, elle balance des nouvelles pas rigolotes et  « envoie » des signaux autoritaires. Cette posture intransigeante rappelle trop la maîtresse d’école et ravive certainement des souvenirs pénibles pour beaucoup d’adultes. Moins partiaux, d’autres relèveront qu’elle est aussi capable d’exprimer un plaisir manifeste, notamment après sa traversée de l’Atlantique sur un beau bateau de course dans l’épisode suivant du mois d’août. 

Il n’en demeure pas moins que l’impression négative, c’est toujours celle qui reste en mémoire. Du pain béni pour les grincheux qui réfutent toute conséquence des activités industrielles sur l’environnement et le climat.  C’est l’occasion d’asseoir leur déni sans dissonance cognitive car la jeune Greta est un parfait défouloir. 

Si elle n’avait pas été autiste, elle aurait fait appel aux équipes de coaching permettant à n’importe qui d’accéder à la présidence d’un pays. Celles-ci se seraient précipitées pour lui apprendre les postures habiles à empapaouter le monde, c’est à dire à lui mentir. C’est dire l’importance du langage non verbal. Votre interlocuteur peut raconter n’importe quoi, on le regarde plutôt qu’on ne l’écoute. Lorsque ses signes sont insuffisants, inadéquats ou absents, on se retrouve aveugle… et sourd. Tout à coup, c’est celui qui se considère « normal » qui devient autiste. À méditer pour les intolérants ! 

Le décodage difficile agace d’autant plus lorsque la personne dit sans fard ce qu’elle pense. Cependant dénoncer cet aspect chez Greta Thunberg, c’est comme critiquer la couleur de ses cheveux, rappelons qu’elle n’en est point responsable. Ce n’est qu’une caractéristique propre à un syndrome au sein du spectre de l’autisme. L’occasion pour Michel Onfray de se lamenter sur la génération de l’enfant roi et tutti quanti. Il lui prête des intentions triviales qu’elle n’a pas en réalité. C’est ridicule que de l’imaginer voulant « voir jusqu’où va son pouvoir d’agenouiller  les adultes« . Encore un truc de neurotypique calqué sur les personnes autistes. Trêve de plaisanteries ! Quand le Chef Raoni débarque avec sa pirogue  pour interpeller sur l’état de la planète, est-ce dans le but de jouir de son pouvoir lui aussi ?

Michel Onfray encore, relève le manque de spontanéité de Greta en public. Pourtant, rien d’étonnant au fait qu’elle soit plus douée pour préparer « au fond de son lit »(sic) des discours très professionnels afin de les « débiter » ensuite sans surprise. C’est un mode de fonctionnement qui en vaut un autre quand la spontanéité n’est pas votre fort justement. Une question de survie aussi pour tous ceux qui ressemblent à Greta Thunberg. Performants, voire obsessionnels dans leur capacité à s’investir, ils développent, très jeunes, de grandes connaissances. Leurs compétences verbales sont directement issues de ces livres et rapports qu’ils apprécient tant à lire dans des domaines divers. De nos jours, les enfants acquièrent leur vocabulaire en écoutant Hanouna à la télévision et tout le monde trouve cela normal… Qu’est-ce qui est le plus insolite ?

Michel Onfray toujours (c’est sa fête) s’est questionné sur le type d’âme qui habite la jeune fille. Cher philosophe, la réponse était pourtant simple : la même que la vôtre !

Sa cartouchière étant encore pleine, après un parallèle audacieux entre l’intelligence artificielle et le langage soi-disant trop techno de la petite jeune fille, notre talentueux pamphlétaire a ensuite tiré sur le fil du costume du cyborg afin d’évoquer à sa manière la manoeuvre dont elle ferait l’objet. 

Il a posé la question qui tue : « à qui profite le crime ? » D’après lui, dans « l’un des dossiers du GIEC- la bible de cette pensée siliconée » (sic). Enfin, nous y voilà, c’est sorti !

Pauvre Greta, ton esprit ne t’appartient pas et tous ceux qui comme toi, ne doutent pas des conclusions du GIEC, en prennent pour leur grade. Ce ne sont que des moutons qui bêlent (sic) derrière toi. 

Le philosophe se demande ce que sait Greta Thunberg de l’astrophysique, des cycles cosmiques, des orages solaires.  Traduire par « si tu sais pas, tu te tais ». Quelle utilité à parler d’astrophysique ? À part minimiser l’impact de l’homme sur le climat, on n’en voit pas.

On se plait à imaginer ce que peindrait un artiste.

Vincent Courtillon, le climato-sceptique faisant face aux prophètes de l’apocalypse et leurs moutons avec en arrière-fond un bel orage (solaire évidemment) : la pose est belle et ferait un joli poster chez les dindons. 

Le changement climatique en cours sur notre planète, n’est pas le premier, il ne sera pas le dernier. L’homme n’est certes pas la cause de l’actuel cycle de réchauffement (comprenant une période de grand froid… non non ce n’est pas contradictoire). Cependant les négationnistes rappellent toujours les causes du réchauffement climatique qui nous innocentent. Jamais un mot sur notre rôle dans son accélération. Un phénomène situé à notre entrée dans l’ère industrielle. Toutefois, au vu des ravages produits par notre espèce ingénieuse, on peut dire que notre marque indélébile est visible depuis ses débuts sur ses deux guiboles. Exterminer ce que nous croisons, raser une forêt ou creuser profondément dans une montagne, cela date d’avant le cheval-vapeur.

Malheureusement, les moutons inquiets pour la terre bêlent en réalité sans espoir depuis 1972, date de la première conférence sur l’environnement tandis que les lemmings n’ont jamais arrêté de courir avec ardeur vers le précipice.

Puisque nous connaissons notre influence sur la hausse des températures, la jeune Greta Thunberg vient seulement rappeler comme d’autres avant elle, qu’il faut virer de bord avant qu’il ne soit trop tard. 

Alors à qui profite le crime ? La réponse du mouton est radicalement différente de celle du dindon bien évidemment. 

Les auteurs de ce crime sont légions, cela quel que soit le système politique et économique de tel ou tel pays.  Il y a ceux qui éructent : « le réchauffement climatique, quelle connerie ! Pas question qu’il me fasse perdre de l’argent ! » Plus ceux qui s’exclament : « avant de crever cramés, s’il est possible de se faire du pognon avec le réchauffement climatique, faut pas hésiter ! » Si on y ajoute les relativistes qui mangent à tous les râteliers, ça en fait du monde !  

Il y a toujours quelqu’un pour nier le malheur et un autre pour en profiter… Doit-on douter du malheur pour autant ? 

La première théorie de l’effet de serre a été proposée en 1824 par Joseph Fourier, un Français. En 1903, c’est un Suédois prix Nobel de chimie qui calculait l’effet du dioxyde de carbone sur la température terrestre (lire « L’avenir du climat » de Stéphane Foucart). Les chercheurs ont eu le temps de travailler et d’en tirer des conclusions tardives déplaisantes. Il n’empêche, même les « sciences » humaine s’en mêlent quand le striatum prend le dessus ! Le philosophe invite à examiner, à l’analyse, à débattre sur les causes du réchauffement climatique comme si la méthode scientifique n’existait pas avant qu’il n’y pense et que chaque pimpim pouvait émettre un avis sur la question et refaire le boulot du GIEC en recensant tous les travaux. Cette technique du harcèlement des faits est pratiquée sans relâche par les opposants à toute régulation. On débat des idées mais un fait est un fait. Pourtant, on devrait en débattre aussi. S’il y a un consensus, c’est forcément un complot. Luc Ferry, un autre philosophe mais de droite n’apprécie pas plus les rapports du GIEC. On imagine les deux philosophes refaisant tous les calculs dans chaque discipline scientifique afin de vérifier… et avec l’aide de Claude Allègre l’omniscient. À un moment, il faut accepter que la terre n’est pas plate et avoir un peu d’humilité.  Avouons que tout ce que l’on peut faire, c’est examiner les conflits d’intérêts des uns et des autres. Et encore, cela n’empêche pas de se faire avoir tant c’est bien caché parfois. C’est cela la vraie responsabilité de toute personne critique au sens noble du terme. 

 
 

Faut-il pour autant adopter une attitude ambigüe à propos du climat ?

Même Les gilets jaunes ne sont pas tombés dans le panneau de la polémique stérile au moment de la taxe carbone. Ils sont descendus dans la rue sans remettre en cause l’influence des activités humaines sur l’environnement ou l’accélération du changement climatique. Railleurs, ils ont montré l’absurdité d’un système ne réglant pas les problèmes et qui fait payer toujours les mêmes.

 En revanche, des personnalités se complaisent dans le déni des priorités. L’art et la manière les intéresse plus que les faits, encore une fois. Pour exemple (toujours), Michel Onfray n’a pas du tout apprécié que la jeune Greta apostrophe les adultes lors de son discours à l’Assemblée Nationale. Elle aurait dit  : « vous n’êtes pas mûrs ».

Bon, les parents d’enfant autiste ont entendu pire et cela ne les fera pas bondir. Et ne dit-on pas que la vérité sort de la bouche des enfant ? Mûrs ou verts, peu importe la fermeté d’un député quand l’on connaît l’issue du marathon de la jeune fille. Tout le monde n’a pas la carrure d’une Michèle Rivasi très impliquée dans de multiples domaines liés à l’environnement. Ici, un tas d’adultes fait semblant d’applaudir aux discours de la jeune Suédoise, et c’est seulement un mauvais moment à passer pour eux. Dans les grandes messes, tout le monde est d’accord et se congratule. Ainsi, ils gagnent du temps jusqu’à la prochaine admonestation. 

Ce sont bien des politiques qui ont laissé faire les professionnels de la vérité alternative. Cela fait trop longtemps que certains ont courbé l’échine devant les lobbies. Ils sont devenus insensibles aux coups de bâton… Greta peut leur en asséner sans relâche, le cuir est dur ! Cependant ne nous plaignons pas trop ! Au pays d’Edward Bernays, le génie qui nous a transformé en cigales, c’est un climato-sceptique  et créationniste qui préside la commission du Congrès sur les science, les technologies et l’espace.

Lorsque des personnes sensées et instruites, sans lien avec les industriels, croient qu’il est important de douter d’une réalité établie par toutes les disciplines scientifiques impliquées, le ver est dans le fruit. Michel Onfray s’inquiète des moutons qui bêlent leur catéchisme derrière Greta. Entre la paille et la poutre dans l’oeil, que choisir ? Si l’on doit évoquer les lobbies, il faut les dénoncer tous quand l’on se veut cohérent. 

Il est reproché à Greta de réciter les conclusions du GIEC. Oui et alors ? Elle ne va certes pas inventer les siennes dans son garage. Faut pas trop lui en demander ! Quant à la commission scientifique, elle ne fait que réunir les travaux parus à travers le monde et n’a aucun pouvoir sur les décisions prises par la suite en matière de « solutions ». 

Par exemple, le marché des droits à polluer, est une sacrée trouvaille chez les tordus. Pour autant, il n’a strictement rien à voir avec des données établissant l’accélération du changement climatique à cause des activités humaines.

Et notre Président de s’exclamer : « L’eusses-tu-cru, malgré la colère des gilets jaunes à mon encontre, on ne savait pas encore que le greenwashing existât ! »

En attendant, Greta Thunberg lui a serré la pince mais elle n’est pas Al Gore. À part quelques bouquins, elle n’a aucun business à recycler. Qu’elle soit récupérée et utilisée comme tête de gondole pour vendre une image ensuite comme lors de son passage sur un bateau bling bling n’est pas surprenant et de peu d’importance sur le fond. 

La seule chose qu’elle a à vendre, c’est son énergie pour une prise de conscience massive chez les décideurs. La jeune fille n’a pas encore la prétention de fournir les solutions au réchauffement climatique ((laissons-la grandir un peu) mais on la presse déjà sur le sujet. Le pire qui pourrait nous arriver ! Comment s’étonner de ses réponses ! Dans le feuilleton du mois d’août : « Greta part en bateau ! », c’est la promotion du voilier pour se déplacer. On ne peut que lui dire :

 » Pitié petite Greta ! Indépendamment des saisons à respecter, tout le monde ne peut le faire et c’est tant mieux. Quand on dépasse l’effet de niche, cela devient invivable. Les habitants des océans t’en seront reconnaissants ainsi que la poignée de gens qui vivent sur leur bateau non transformé en hôtel grand luxe ! Pour rappel : la météo est de plus en plus instable. Tout fout le camp ! Ce n’est vraiment pas le moment d’en renvoyer plus sur l’eau. Les ports sont déjà remplis de voiliers et on n’arrive pas à les recycler ».

Des erreurs de jeunesse à mettre en perpective avec celles des vieux briscards de la fabrique du doute ou du greenwashing…

Brillante ou pas, qu’une gamine de seize ans puisse manquer de discernement, c’est banal. Que dire des conseillers adultes dithyrambiques sur l’effet « zéro carbone » ?

En Écologie, c’est comme en sport, ce n’est pas parce qu’on est performant dans une  discipline qu’on est doué pour les autres. 

Couvrez de panneaux solaires un bateau de nabab et vous voici « zéro carbone » ! C’est la dernière justification aux plaisirs des princes de ce monde. C’est humain mais regrettable lorsqu’il s’agit de convaincre les populations… D’autant que deux panneaux solaires ou/et une éolienne suffisent à la majorité des voyageurs en voilier. La sobriété énergétique et la simplicité sont autant recherchées en mer qu’à terre. Au-delà, c’est une usine à gaz, la vitrine d’une débauche de besoins superflus. À défaut de voyager sur un bateau « normal » avec un propriétaire « normal » ne possédant pas une compagnie d’hélicoptères (il en reste), il y avait une solution simple :  rester chez soi et inviter tout le monde à participer à une vidéo-conférence. Certes, les photos auraient été moins glamour ! Impossible d’être irréprochable ! Les bateaux de course sont magnifiques, les voyages en avion (ou en hélicoptère) sont bien pratiques, le pétrole restera nécessaire jusqu’à la dernière goutte… En attendant petite Greta, cette histoire se retourne contre toi même si tu voulais bien faire. Toi spécialement, tu n’as pas droit à l’erreur, les faucons veillent. 

Les réalistes quant à l’urgence climatique et la destruction de l’environnement, se doivent eux-mêmes d’être vigilants. Quelques  propositions bien que spectaculaires, sont en réalité très simplistes et critiquées aussi par quelques défenseurs du climat. Quant aux climato-sceptiques qui aiment tant décoder les faiblesses des lanceurs d’alerte, bizarrement certains trouvent tout à coup un terrain d’entente lorsque cela concerne la démographie galopante hors pays « développés ». Les uns et les autres s’entendent alors pour proposer une solution drastique sensée résoudre tous les problèmes. Sauf que la réalité, la voici : une démographie multipliée par 66 entre 1820 et 2010 tandis que les émissions de CO2 ont elles, été multipliées par presque 666… Cela devrait inciter à nous questionner plutôt sur notre mode de vie. 

 

https://www.youtube.com/watch?v=tsSHwzsjvEA

La fabrique des « faits » alternatifs

Dans le feuilleton de juillet, le philosophe ne dit pas à quel âge, on échappe à la manipulation. Il semble ne jamais venir… On le constate dès que les climato-sceptiques entrent en scène. La fabrique de « faits alternatifs » est un art ! Consacrés « spécialistes », ils n’ont pas besoin de soumettre leurs « travaux »  à des pairs pour relecture avant une publication scientifique, ils préfèrent la feuille de chou payée par les pollueurs. Ils ont leur moment de gloire dans les conférences réservées à ceux plus soucieux de se faire une opinion que d’examiner les faits. Ça se comprend !  Ça se vend aussi très facilement juste à côté du bouquin de Rika Zaraï qui propose pour une meilleure santé de tremper son cul dans une bassine d’eau froide. Par ailleurs fort sympathique, elle reste l’auteur la plus crédible du rayon. En effet, la dernière trouvaille du clan dit anti GIEC, est aussi ridicule que les précédentes. On n’aura jamais autant évoqué l’augmentation des températures à cause de la vapeur d’eau. La nature est une belle irresponsable n’est-ce pas ! On ne se demandera pas pourquoi, ce serait de mauvais goût, l’on fera aussi comme si les climatologues étaient des idiots oublieux des données prises en compte par nos surdoués du think think climato-sceptique. Et c’est un hasard certainement si ces derniers, en profitent pour nous vanter les bienfaits du CO2. Objectivement, on pourrait en rigoler jusqu’en Chine. il suffirait de lancer ce conseil : « Arrêtez de faire bouillir une casserole d’eau pour cuire vos nouilles et vous pourrez enlever votre masque lorsque vous êtes dans la rue ! ».

Allez chiche, on n’en parle plus du climat, de la température en 2040  ou en 2100 ! Concentrons nous sur la sixième extinction des espèces, c’est la faute de qui cette fois ?  « Ben de personne encore puisque c’est la sixième, c’est un phénomène naturel et on n’a pas toujours été là » répondront les franc-tireurs négationnistes. « Naturel ?  Une météorite ne vient pas de s’écraser sur la terre. Va falloir trouver autre chose les gars ! Le déni a ses limites ».

Comme le rapporte si bien Elizabeth Kolbert dans son livre  « La 6e extinction », (prix Pulitzer 2015) :

« Auparavant, aucun être vivant n’a jamais modifié de cette façon la faune et la flore à l’échelle planétaire, et cependant des événements comparables se sont déjà produits.

À de très, très rares occasions, dans le passé lointain, la planète a subi des changements tellement violents que la diversité de la vie s’est effondrée. Cinq de ces événements survenus dans les temps paléontologiques ont représenté de telles catastrophes qu’on les a rangés dans une catégorie à part : celle des cinq grandes extinctions. Par ce qui semble être une extraordinaire coïncidence, mais qui n’en est probablement pas une, l’homme devient capable de retracer l’histoire de ces extinctions massives au moment même où il prend conscience qu’il est en train d’en provoquer une nouvelle. »

Malgré tout, les vendeurs de vaseline persistent à nous diviser comme si en matière de climat, il nous fallait choisir « le camp des anti »ou « le camp des pour ».

Tous les moyens sont bons pour discréditer les porteurs de mauvaises nouvelles mais les faits sont les faits. Ils ne changeront pas au prétexte que vous n’aimez pas les plumes du Chef Raoni ou la mine de la petite Greta. Continuez à ricaner comme des mioches bébêtes et méchants et l’année prochaine, on vous envoie le clown de Stephen King ! Bref, on ne sait plus quoi faire pour un sursaut massif. Année après année, la société civile se mobilise mais les marches pour le climat se succèdent sans résultat. Les intellectuels se démènent pour du vent. Les scientifiques ont beau sortir de leur laboratoire afin de secouer la léthargie des décideurs, ils ne semblent à ce jour, pas plus crédibles que l’adolescente.

Cette situation dure depuis vingt-cinq ans : https://academic.oup.com/bioscience/article/67/12/1026/4605229

Qu’en tirer comme conclusion ?

Que les  « enfants » s’en mêlent maintenant et s’inquiètent de ce qu’on leur laisse, c’est très bien ! Il est plus que temps ! Greta Thunberg cherche à secouer aux quatre coins de la planète, les vieux hédonistes confortablement installés aux postes clefs du pouvoir. Après eux, le déluge ! À bord du Titanic, ils lapent au fond de leur verre les dernières gouttes d’un bon Champagne. Ils ont pris des dispositions afin de s’assurer que leur descendance continuera à en boire d’une manière ou d’une autre. Ils n’ont donc pas oublié les enfants. Ceux des autres, par contre…

Un début de solution ?

https://lechoixcommun.fr/articles/Le_Jugement_Majoritaire.html

Le noeud du problème est admirablement décrit par Stéphane Horel dans  « Lobbytomie » :

« Nous ne sommes ni en ploutocratie (gouvernement par les plus riches), ni en kleptocratie (la corruption à grande échelle), ni tout à fait en oligarchie (gouvernement accaparé par une minorité dominante), mais dans un système où les intérêts privés ont fusionné au cœur du réacteur public à la suite d’une vaste entreprise de détournement de la connaissance. Forme de capitalisme au stade terminal où il n’est plus question d’associer les citoyens aux décisions qui les concernent jusque dans leur chair, mais de les réduire à une seule et unique fonction de consommateurs. Ce système où les responsables publics, « lobbytomisés » par la propagande de techniciens de la persuasion, ont abandonné leurs prérogatives et notre société aux mains d’un complexe industriel et commercial, on pourrait l’appeler la lobbytomie. »

Le mélange des genres entre responsabilité publique et intérêts du marché n’a jamais été aussi fort. Les questions liées au réchauffement climatique n’y échappent pas. Entre immobilisme, greenwashing et sciencewashing, il devient de plus en difficile de porter une voix claire sans être criminalisé ou déclaré « dérangé » par des voraces, des égoïstes qui ont décidé de ne rien voir. Une gamine à tresses vient crier au feu et des inconscients répondent sans réfléchir : « même pas peur, ce ne sont pas les mioches qui vont faire la loi ! » Les plus hargneux n’hésitant pas à  gloser cyniquement sur le physique et les attitudes d’une jeune fille de seize ans afin  de la déshumaniser et lui contester sa place dans la société ! La génération 68 du « jouissez sans entraves » a donné naissance aux grincheux voire aux infâmes d’aujourd’hui. Pendant ce temps, l’Amazonie brûle, l’Arctique brûle… et c’est l’impuissance ! Pas d’avenir avec de pareils zozos ! Nos enfants n’auront pas d’autre choix que d’être intraitables. Tous les excès seront alors possibles. Quelques uns se frottent les mains car moins, ce sera viable, plus il sera facile de s’imposer afin de faire avaler des couleuvres à ceux qui n’ont pas les moyens d’influencer le cours de la politique. Sans compter les naïfs croyant passer entre les gouttes. Le fascisme vert avance pas à pas et ce n’est pas la faute des lanceurs d’alerte. En l’état, le bulletin de vote ne sert à rien pour le contrer et la désillusion paralyse. Il y a bien une urgence : le RIC, le principe de Condorcet ou le jugement par scrutin majoritaire lors de toute élection afin de permettre un début de démocratie et donc la circulation du savoir, la fin du soupçon. Dans le cas contraire, il ne faut pas espérer de solutions intelligentes et pérennes pour survivre aux conséquences du réchauffement climatique et le ralentir. On se sera tous entretués avant. 

Restes d'une forêt pourrissante, gonflée d'eau dans l'Atlantique Sud.

La montée des eaux n’est pas une légende urbaine.